1 – Le « pendant »

Emma & Sullivan

Bonjour à toutes et à tous, ici Emma&Sullivan.

Ça y est, depuis déjà 2 semaines maintenant, nous sommes sur les routes espagnoles! Nous entamons notre aventure à vélo. Nous allons pédaler sur plusieurs milliers de kilomètres à travers l’Europe, pour aller rencontrer des instituts de microfinance et ainsi soutenir des micro-entrepreneurs qui souhaitent ouvrir ou développer leur entreprise.

Alors petit flashback :

Le 14 février: nous voilà partis : Aéroport de Bâle Mulhouse 🛩 Aeropuerto de Alicante.
Après avoir réassemblé nos vélos au beau milieu de l’aéroport (ce qui était déjà une belle épreuve) nous allons passer notre première nuit en Espagne!

C’est le lendemain matin que commence la journée la plus longue et la plus difficile du périple : des pentes extrêmement raides, du vent qui souffle à 40km/h, notre mauvaise gestion de la nourriture : tous les éléments sont contre nous!

Les 2 cyclistes en herbe que nous sommes, motivés et prêts à en découdre, sont vite pris de court par les difficultés d’une telle aventure!

Épuisés mentalement et physiquement, nous finissons par arriver au bout de ces 85km! Nous rencontrons nos premiers hôtes : Ruth&Rob! Nous avons pris contact avec les 2 cyclistes sur le site « Warmshowers » qui permet de s’héberger gratuitement, entre cyclistes! Ruth&Rob ont beaucoup voyagé à vélo eux aussi et ont également profité du réseau Warmshowers! C’est pour cela qu’ils souhaitent maintenant rendre la pareille à la communauté! Pour compenser notre terrible première journée, nous sommes accueillis comme des rois : une douche chaude, un bon dîner, des conversations géniales, un lit douillet, un festin pour le petit-déjeuner et des collations à emporter!

Nos hôtes nous aident aussi à retravailler notre itinéraire et nous apprennent que lors d’un voyage à vélo, on regarde la météo et la direction et la force vent avant de partir! (conseil que l’on n’oubliera jamais)

Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas lors de cette première semaine! On constate de grands changements : nos corps s’habituent, on est de plus en plus endurants, nos jambes souffrent moins le martyr, on se sent moins essoufflés en montée et SURTOUT : on prend de plus en plus de plaisir!

On alterne entre des nuits chez hôtes Warmshowers, chez l’habitant, en bivouac sauvage, en camping et, si vraiment on ne trouve aucune autre option, dans des hostal. (des petits hôtels)

On pensait essayer de dormir chez l’habitant, mais on traverse la zone de « l’Espagne du vide » : des petits villages déserts, qui paraissent même abandonnés : pas le meilleur contexte pour frapper aux portes et demander un toit!

Après une semaine de voyage, le 21 février, nous sommes arrivés à Madrid :
Objectif atteint

Nous avons prévu de rester quatre jours, quatre jours pendant lesquels nous laisserons nos corps se reposer, mais nous ne comptons pas chômer!

Nous en profitons pour passer du temps avec l’autre binôme MCMA actuellement sur les routes, et nous rencontrons notre premier institut de microfinance : Microwd.

Le rendez-vous nous permet d’en apprendre plus sur la vision de Microwd, son positionnement dans le monde de la microfinance, ses différents terrains d’action en Amérique Latine et ses intentions. Nous avons pu échanger énormément avec eux. Ce rendez-vous marque un tournant décisif pour nous : nous pouvons commencer à soutenir des micro-entrepreneuses d’Amérique latine! Pour cela, nous étudierons les dossiers des micro-entrepreneuses et nous pourrons accorder les microcrédits selon les projets.

Le temps de travail à Madrid prend fin et le 25 février nous reprenons la route, avec une nouvelle invitée : la pluie! Elle va nous suivre pendant une bonne partie de la semaine. Elle nous ralentira mais ne nous empêchera pas d’avancer vers Bilbao.

La route continue de nous donner du fil à retordre. Dans notre voyage, la progression n’est pas constante : un jour nous sommes impressionnés par notre endurance, le lendemain nous sommes épuisés au bout de quelques kilomètres. Un jour nous avons un moteur à la place des jambes, le lendemain la moindre montée nous paraît insurmontable. Grâce au vélo, nous apprenons que rien n’est jamais acquis, nous apprenons à nous adapter à ce que nous ne contrôlons pas : le vent, la pluie, la fréquentation des routes, notre état de fatigue, notre sommeil! C’est nous qui dépendons de ces éléments et aussi frustrant que cela soit, c’est ainsi.

Nous nous rendons compte à quel point le contact humain a une place primordiale dans ce voyage : tous les échanges nous mettent du baume au cœur et nous portent sur la route! Les échanges les plus rapides (comme les automobilistes qui nous ont soutenu via des petits coups de klaxon, ou les piétons qui nous ont crié des paroles d’encouragement), les échanges de quelques instants (comme celui avec Maria, la gérante d’un petit magasin qui nous a offert des madeleines après avoir découvert notre projet, ou ce couple de Français qui avait voyagé à cheval à travers l’Espagne) jusqu’aux rencontres Warmshowers ; toutes ces personnes qui nous ont ouvert leur porte, qui nous ont accueillis, offert de partager un repas, des anecdotes de voyages et surtout, à chaque fois, un moment de vie précieux!

Ce sont ces émotions fortes qui nous portent et c’est via Galapagar, Segovia, Cantalejo et Montejo de la Vega de la Serrezuela que nous arrivons, le 2 mars, à Santo Domingo de Silos. Ce village est au nord de l’Espagne à mi-chemin entre Madrid et Bilbao. Nous sommes  deux semaines après le départ et plus de 700 kilomètres plus loin.

Ce défi nous apporte énormément! Nous développons de nouvelles compétences, physiques bien-sûr, mais aussi une adaptabilité et une résilience à toute épreuve. Nous apprenons aussi à mieux nous connaître, chacun, mais aussi en tant que binôme.

Le voyage ne fait que commencer, mais ces 2 semaines s’annoncent révélatrices de ce qui nous attend : des sentiments exacerbés par des rencontres si nombreuses et si intenses, des moments difficiles dûs au dépassement de soi quotidien qui soudent notre binôme, des paysages dignes de cartes postales qui exigent des efforts physiques pour les admirer. Bref, des souvenirs gravés à jamais!

Alors merci à Orica de nous accompagner dans cette belle aventure et à très vite pour la suite!

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